mercredi 26 mai au mardi 1 juin : Séjour à Futuna
mercredi 26 mai : Départ pour Futuna
Réveil
à 4h45 par Louise qui trépigne à l'idée
d'aller rejoindre ses copains à Futuna, un bon quart d'heure
avant que le réveil ne sonne... On ferme les derniers bagages (8
kg par personne, c'est plutôt rapide...), un rapide petit
déjeuner, on met les yaourts dans la glaciaire (c'est une des
denrées rares à Futuna, des yaourts, des vrais pas des
"à base d'alginates" mais des fermentés...), et je file
réveiller le voisin. Eh, oui, pour ne pas déroger aux
habitudes, c'est Paino, qui ce matin, fait le taxi pour nous emmener
à l'aéroport de Hihifo. On avale rapidement un petit
Nescafé sur la terrasse et c'est parti.
Séance enregistrement
: on a tous droit à notre pesée matinale, car pour
équilibrer le twin, le petit coucou bi-moteur à
hélices de 17 places qui fait la navette entre les deux
îles, il faut non seulement vérifier le poids des bagages,
mais aussi, calculer celui des passagers et les placer.
On
embarque à 7h30 avec une demi-heure de retard, et nous
voilà parti pour 55 minutes de vol, la carlingue est minuscule,
vue imprenable sur les pilotes et le cockpit. Un moteur s'allume, puis
l'autre, ça y est, on décolle. La vue sur l'île
puis sur la barrière est superbe. Le vol se déroule sans
encombre, juste un surprenant virage serré d'arrivée
avant l'aéroport de Vele qui me permet des photos sympas. Enfin,
ça y est, depuis le temps qu'on en parlait, on y est, Manu a
surmonté sa trouille (mais elle rumine déjà le
voyage du retour...).
Franck et les enfants nous attendent de pieds fermes.
Premières
impressions : Futuna n'a pas grand chose à voir avec sa grande
soeur, le centre de l'île est composée de reliefs qui
plongent dans la mer à certains endroits, ne laissant qu'une
bande côtière, assez étroite parfois, pour la route
circulaire et les habitations. La végétation, aussi, est
impressionnante et même si Tomas, en a pas mal soufflé,
couché, jauni, on circule entre d'un côté
l'océan et le platier et de l'autre un mur vert assez
épais qui s'accroche à la montagne. La mer, non plus, n'a
rien à voir, il n'y a pas de barrière de corail à
Futuna, les vagues du Pacifique s'écrasent directement sur le
platier (et c'est ce qui a fait les plus gros dégats lors du
cyclone du côté nord-est de l'île). L'organisation
des villages enfin, est resté ici très traditionnelle :
il subsiste encore beaucoup de falés (même si Tomas en a
soufflé beaucoup), les villages sont encore
organisés en grande partie de manière coutumière,
autour de la route côtière (l'ancien chemin principal),
avec du côté océan les falés commun
(falé fono, le lieu de réunion, le falé des
jeunes, l'ancien falé de vie des célibataires, et le
falé du tavasu, le lieu où les hommes préparent et
boivent le kava tous les soirs, encore aujourd'hui...), de l'autre
côté on trouve les habitations des familles, puis les
élevages de cochons et un peu plus haut sur les plateaux,
séparés du village par ce qui reste de l'ancien mur
à cochon en pierre, on trouve encore les cultures locales
sèches (igname) ou humides (tarodières) alimentées
en eau par les rivières qui descendent des montagnes.
Après
quelques kilomètres de pick-up, pendant lesquelles ce qui nous
marque, ce sont les dégats dûs au cyclone, on tourne sur
la droite dans le village de Taoa et on grimpe un peu pour rejoindre le
plateau où vivent Véro, Franck et les enfants : une
grande maison au milieu du toafa, entouré d'arbres fruitiers, de
tiarés, d'hisbicus, de cultures locales et de cocotiers. En
lisant un livre sur l'histoire de Futuna, je découvre que nous
sommes non loin des anciennes terres du plus terrible cannibal que
l'île ait
connue, Sau Fe Kai ("le chef qui mange"). Il réclamait aux
villages du coin un adulte ou un enfant par jour, il les enfermaient
dans un enclos, puis les faisait égorger près de la
rivière proche, où on lavait les corps (la mer recevait
chaque jour son lot de viscères ensanglantés) avant de
les cuire au four traditionnel. C'est quand la population a
commencé à décroître dangereusement aux
alentours qu'un habitant d'un village voisin eut enfin la
géniale idée de l'inviter à boire le kava et en
profita pour le tuer et pour clore cette période sanglante de
l'histoire de l'île. Les nuits promettent d'être
envahies de fantômes dans cet endroit apparement si paisible...


A
peine arrivés, les enfants nous abandonnent pour alterner jeux
et chamailleries entre filles et garçons, moi, je pars avec
Franck, faire deux ou trois courses et visiter un peu ce
côté de l'île, on rentre avec deux poulpes
achetées achetés à un pêcheur. Puis,
journée tranquille,
retrouvailles, apéro, tarot...
jeudi 27 mai : Poi

Manu
et Véro restent la matinée avec les enfants et Franck et
moi partons pour Poi, sur la côte est de l'île. On arrive
en vue de l'île après un petit "col" et une vue magnifique
sur ce côté de l'île directement sous le vent, le
sable blanc des plages et les rouleaux bleus intenses du pacifique. Le
programme du jour : construire une maison pour Felice et Monika, qui
ont tout perdu pendant le cyclone, leur falé, leurs cochons,
leurs effets personnels, tout... Mais, on est dans le Pacifique, ici,
le rendez-vous a été donné mais ce n'est pas le
bon jour, pour une raison ou une autre, le chantier est remis à
plus tard, Futuna, Wallis, c'est ça aussi, mais c'est pas
grâve, on a le temps... Du coup, on visite le village et la
côte littéralement ravagés par les vagues pendant
le cyclone Tomas, c'est vraiment un miracle qu'il n'y ait eu que des
dégats matériels. On s'arrête dans la famille de
Felice et Monika, là où ils sont hébergés
en attendant. On file ensuite chez les soeurs et soeur Akenata nous
livre ses sentiments sur l'après cyclone, les dons de nourriture
et la passivité des habitants qui tardent à
reconstruire... Intéressant... Les sacs de riz s'amoncellent
désormais et les matériaux de construction aussi et elle
se désespère car les hommes ne montent plus en montagne
cultiver les champs et tardent à reconstruire... A
méditer : "l'aide c'est bien, mais ça alimente aussi la
paresse...", un poncif judéo-chrétien ou une
vérité, va savoir, en tout cas, après un
tremblement de terre et un cyclone en quelques années, on est
peut-être en droit de se sentir un peu abattu....
Poi avant et après...
L'après-midi, Franck et moi
emmenons les enfants remonter la rivière toute proche, d'abord
dans une vallée au milieu des cocotiers et des champs de taro,
puis peu à peu les berges se ressèrent et la
végétation fait place aux rochers. On se baigne, on saute
dans un trou d'eau surmonté d'une cascade, on remonte un peu
plus haut dans les gorges encore encombrées de troncs d'arbres
chariés par les eaux tumultueuses de la période
cyclonique.
Le soir, on doit aller au tavasu boire le kava à
Poi, mais la rotule de direction du pick se détache et on doit
remettre la sortie à plus tard, on rentre tant bien que mal, on
tentera la réparation demain, si on trouve les bonnes
clés...
vendredi 28 mai : ballade à pied et baignade
Franck
est déjà au boulot à 6h30 quand je me lève,
je l'aide à terminer, déserrer les boulons grippés
par le climat et la rouille, remettre en place la pièce et
revisser. A 8 heures, c'est terminé et du coup, notre projet
initial de monter sur le mont Puke reprend vie. On descend chercher une
fille du village qui doit nous servir de guide et on se lance à
l'assaut de la montagne. Après quelques centaines de
mètres, on se rend compte qu'elle ne se rappelle plus du
chemin. Du coup, Franck redescend avec elle et moi je file sur un
sentier pour continuer la ballade en espérant monter le plus
haut possible.


Le
sentier est encombré de branches et d'arbres
couchés, je progresse difficilement jusqu'à ce que je
tombe sur un minuscule layon qui descend à pic...
Hésitation, je suis tout seul sur une île où les
structures médicales et les secours sont restreints et personne
ne va savoir où je descend, mais tant pis ça promet
d'être superbe et en effet après une descente d'une
demi-heure entre rochers et marche en terre glissante, je suis
récompensé : une gorge étroite et
encaissée, en aval une cascade en amont, une cascade et au
milieu une oasis de fraicheur et de végétation, sur
quelques dizaines de mètres, le torrent se calme forme des trous
d'eau et les berges sont bordées d'une végétation
luxuriante et de fougères arborescentes (ce n'était pas
la peine d'aller en Nouvelle-Zélande pour en voir...).
Après une remontée un peu crevante, je redescend
fourbu vers Taoa.
L'après-midi,
Franck m'emmène avec les enfants nous baigner au wharf
pétrolier, plongeon depuis le quai jusque dans l'eau 4 ou 5
mètres plus bas, directement dans le pacifique, dix mètre
de fonds, pas trop de courant, les enfants s'en donnent à coeur
joie. Les filles vont faire les magasins et vont trouver un endroit
pour une connexion internet chez Elisabeth et François. On les y
rejoint, puis on file voir le retour de pêche de François
: des beaux thazards, des bonites des petits thons, du coup, on en
profite aussi et on se fera un sashimi ce soir avec
l'apéro.
samedi 29 mai : journée à Poi
On
part tous, sauf Véro, qui va profiter du calme de la maison dans
les enfants. Direction, Poi, on doit manger avec Felice et Monika
à l'endroit où se dressait leur falé. On a du mal
à se rendre compte du paradis qu'ils ont perdu, mais les photos
d'avant nous y aident bien... Il ne leur reste qu'une toile blanche
donnée par la Croix Rouge tendu sur un piquet comme habitation
sur place.
Manu
et les enfants partent avec Franck visiter Poi, Eloi en profite pour
mettre la main dans une cage de chauve-souris et se faire mordre...
(les futuniens les attrapent et les engraissent avec des
papayes et des bananes en cage avant de les manger). Louise
découvre enfin le "mausolée" de Saint Pierre Chanel, le
martyr du pacifique dont le caté lui ressasse l'histoire depuis
3 ans...
On
a ramené de la viande à griller, des
boissons, et Monika nous a préparé du poulpe au lait de
coco et du riz (cuit à l'eau de mer mélangée
à de l'eau de source), c'est divin ! On échange : la
famille de Monika est ravie de
manger des côtes d'agneau et du camembert pour la
première fois !!
Ensuite,
c'est baignade dans les trous d'eau du platier à marée
basse. Puis, c'est le retour pour Taoa, un peu fracassé. Mais
pour Franck et moi, la journée n'est pas terminée, on a
promis à Felise de revenir le soir pour le tavasu, la
réunion quotidienne des hommes autour du tanoa dans lequel on
prépare le kava, la boisson traditionnelle à base de
racine de poivrier sauvage.

On
arrive en pleine nuit, les hommes du village sont installés en
rond sous le grand falé central du village, sur des nattes en
feuilles de cocotier. Le chef adresse les salutations du soir à
tous, nous remercie d'être là, puis la distribution de la
boisson démarre dans des calebasses en noix de coco.
Derrière, on prépare déjà les racines pour
la tournée suivante. Après deux coupes, les discussions
démarrent, un ancien conseiller territorial vient s'asseoir
entre nous pour discuter en français et nous traduire.
Après quatre coupe, les effets diurétiques de la racine
se font sentir, chacun se lève tour à tour pour aller se
soulager la vessie dans la pénombre à quelques
mètres du falé. Pendant le tavasu, on crache aussi
beaucoup, juste devant la où, on est assis. Les coupes se
succèdent, je fume un cigare de tabac local roulé dans
une feuille sèche de bananier. Enfin, deux heures plus tard, le
chef et les vieux se lèvent, les jeunes continuent, on en
profite pour partir aussi un peu anesthésié par le
breuvage, le ventre plein de liquide, c'est sûr, on va pisser
toute la nuit...
dimanche 30 mai : Alofi
On
part ce matin pour Alofi, Manu a mal au dos et redoutant la
traversée du pacifique sur 1km800 (ici, il n'y a pas de lagon,
c'est tout de suite l'océan...), je ne pars qu'avec Franck, Eloi
et Raphaël. En fait la traversée est calme et le temps
superbe. Alofi est une île inhabitée, utilisée par
les Futuniens pour cultiver et aussi comme lieu de villégiature.
La superbe et longue plage de sable blanc qui fait face à Futuna
est bordée de cocotiers et de falé où pique-niquer
ou même dormir. Le Club Med aurait été tenté
par l'expérience, sans succès auprès des chefs
coutumiers, il y a quelques années... Un seul bémol
à cette superbe journée, le cyclone a amoncelé des
débris à l'intérieur de l'île et les
moustiques qui y ont trouvé de tranquilles nids, pullulent...
En
rentrant le soir à la maison, le voisin de Franck, Petelo, nous
invite à boire kava chez lui. Après 3 ou 4 coupes du
breuvage, que je trouve super fort ce soir, on rentre à la
maison, un peu "kona", c'est le terme qu'a utilisé aussi le
vieux qui buvait avec nous en se levant, cela veut dire saoul en
futunien. Mais comme dit Petelo, "le kava papalagi (l'alcool), c'est
pas bon, les gens se battent, le kava de futuna, c'est bon". Et c'est
vrai, il a raison, Telo, le kava, ça rend plutôt
très zen... Pas pour rien que c'était utilisé
historiquement pendant les réunions conflictuelles.
lundi 31 mai : Mont Puke et anniversaire de Meryl
Aujourd'hui,
la journée commence tôt pour moi, Poli, le fils du
propriétaire de la maison que louent Franck et Véro, a
proposé de m'accompagner en haut du Mont Puke. Il en profite
aussi pour faire faire la montée à ses enfants et ses
neveux et nièces. Nous partons à 6h45 sur les pentes de
la montagne, on a 5 petits cols à gravir, descendre dans la
gorge de la rivière Tamolé, avant d'atteindre le Mont
Puke à 514 mètres d'altitude (pour les habitués
des randonnées alpestres qui trouveraient cela modeste, je
rappelle les 30° ambiant et le taux d'humidité
dépassant les 90%...). La ballade est superbe, la
végétation luxuriante, des fougères arborescentes
(pala pala), des fougères (sakato), des orchidées
(kalae), des queues de renard bleues (tae poaka (en français :
caca de cochon, va savoir pourquoi...)), des pins, des manguiers, ...
Les oiseaux chantent du fond des gorges, les chauves-souris (peka)
s'envolent des arbres, on traverse des sources, des rivières et
des traces dans la boue nous indique la présence de cochons
sauvages (poaka vao).
Après
2h30 de montée, descente, montée, descente, on arrive en
vue du Mont-Puke surmonté d'une croix en ciment blanchies
à la peinture. Poli et sa famille, prient et
chantent quelques minutes, puis on grignote un sandwich de saucisses et
paté en boîte avant de redescendre par le même
chemin. Poli n'a plus beaucoup d'eau, mais il s'arrêter remplir
ses bouteilles dans la Tamole. A midi moins le quart on est de retour
chez Franck et Véro. Superbe rando ! Fanene et Savo, 8 et 9 ans,
ont assuré sans broncher leur baptême du Puke !
Pendant
ce temps, Manu est allé au gie artisanal d'Alo, pour y acheter
des tapas (en fait des motifs peints avec de la peinture
végétale sur des feuilles à base d'écorce
de mûrier tapé pour former une sorte de papier ou de
tissus épais, à l'origine, dans la bande tropicale
pacifique mais aussi mondiale, c'était une étoffe
utilisée pour se vêtir).
Il
n'y a pas de temps à perdre, les copines et copains de Meryl
arrivent dans deux heures. On fête aujourd'hui son anniversaire.
Franck, Manu et Véro ont préparé la chasse au
trésor qui nous conduira jusqu'à la cascade. Jeux,
baignades, goûter et distribution des cadeaux passée,
Franck et moi raccompagnons tout ce petit monde en pick-up. On en
profite pour passer chercher nos commandes d'avant départ : une
natte, des poulpes, des langoustes.
mardi 1 juin : Départ
Le
séjour se termine, on boucle les valises et les glaciaires et
toute la famille Picard nous accompagne à l'aéroport de
Vele. On attend l'arrivée du Twin sous les ventilateurs tordus
par la force de Tomas, Eloi pleurs comme d'habitude quand il quitte son
copain
Raphaël et Manu a la trouille, comme d'habitude quand elle prend
l'avion... Elle ne va pas être déçue... On
décolle sous un temps superbe mais le pilote nous annonce une
arrivée mouvementée. Pendant le vol, une alarme sonne
trois fois, ce qui fait sortir la check liste aux pilotes, en fait, le
problème pour Manu c'est qu'elle les voit, le cockpit est ouvert
sur la cabine... Du coup, elle stressera jusqu'à
l'arrivée de cette deux 2cv des airs un des avions les plus
sûr de la planète et surtout utilisé pour atterir
dans les coins les plus reculés... Ouf ! On
aperçoit notre barrière de corail, c'est presque
gagné... A l'arrivée, comme
promis, on est secoué, vent de face et de travers, on voit la
piste, on ne la voit plus, on voit la piste, on ne la voit plus, on se
balance de gauche à droite, puis par miracle, on se pose sans
encombre, c'est un atterrissage tout à fait normal pour ce genre
de coucou... par pour Manu... Et c'est encore Super Voisin qui nous
attend et nous ramène à la maison.
Voilà, pour le
résumé de notre super séjour futunien, cela aurait
été dommage de s'en passer... J'ai fait abstraction des
apéros et des soirées tarots qui n'ont guère
réussie à Franck, sans le moindre jeu dans les mains en
tant d'heures...
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14 avril : Le Southern Pacifica
C'est
le cargo qui approvisionne Wallis et Futuna chaque mois en produits de
toutes sortes. C'est lui qui amène le truc dont on avait besoin,
le pot de peinture de la bonne couleur, la bougie du bateau, le pot de
yaourt grec, ..., et qui était en rupture de stock depuis 15
jours... justement parce qu'on en avait besoin à ce moment
là... Il est en retard ce mois-ci, il s'est vu refuser le quai
pendant la semaine pascale simplement parce que c'était la
semaine sainte... et n'a donc pas attendu mais est reparti pour les
autres escales, faisant attendre Futuna encore un peu plus
l'approvisionnement tant attendu...
No comment...
Jeudi 8 avril : Reprise de la plongée
Un
gros coup de mou, des picotements dans les mains, trois heures
d'oxygène par prudence, il y a un mois, le retour de
plongée fût un peu stressant... En fait, ce fût
certainement plus une grosse fatigue qu'un add (accident de
décompression), selon Jean Marc, le spécialiste local
es-médecine et plongée... Du coup, j'ai mis du temps
à retrouver l'envie de redescendre, mais aujourd'hui, je suis
motivé, je reprend sous un beau soleil, mer
lègèrement houleuse, pas de courant et avec Karl et Cathy
comme partenaires. Au final, pas de grosses "prises", côté
faune, juste quelques couples de nemos, mais un superbe fond de
coraux et de coraux mous dans ce coin de barrière qu'on appelle
le "jardin des dauphins"...
Week end pascal...
Samedi
soir, on fête Pâques avec Taani, Stéphane et
Cathy et Karl. J'emmène Eloi et Louise voir le feu de la
veillée pascale devant la cathédrale et je laisse Louise
avec Taani et Stéphane pour la messe qui va durer... 2h30 !!!
Ensuite au programme chasse aux oeufs en nocturne et un bon petit
repas : foie gras (obtenu avec les points fiidélité de la
SEM qu'on aime... et vu le fric qu'on y laisse chaque mois, ils nous
doivent bien ça...), gigot de 7 heures et petites "conserves" de
légumes maison, glaces...
Dimanche
soir, on décide de passer la nuit sur la barrière avec
Isabelle, Lionel et leurs enfants Gabrielle et Raphaël. Je
pars seul en bateau tôt le vers 7h du matin pour
Nukuione, jauger un peu l'affluence sur les îlot du centre...
ça va être un week-end très chargé, il fait
beau et après l'épisode Tomas, tout le monde a envie de
prendre l'air sur le lagon... Retour vers 7h45, c'est bondé, pas
un fale de libre, on ira donc à l'îlot de la passe plus
loin au sud en croisant les doigts...
Chargement
du bateau : nourrices d'essence, hamacs, palmes, masques, tubas, un
jerrican d'eau douce, une glaciaire de bouffe, une de boissons, un sac
d'épicerie, de quoi pêcher, des affaires de rechange pour
la nuit, des lampes et un bouquin chacun, une grille et un sac de
calebasses de coco pour le barbec et enfin un petit sac de premiers
secours, produit solaire, anti-moustique et la VHF, ça peut
toujours servir en cas d'accident ou d'alerte tsunami, ah ! si ! on a
oublié aussi la casserole pour faire chauffer l'eau du
café... A 9 heures, on prend la mer, 3/4 d'heure plus tard
(on est chargé à bloc et on a plus l'allure d'un
boat-people que la vitesse d'un hors-bord), on débarque sous un
ciel tout bleu et un sacré cagnard à l'îlot de la
passe. Il y a du monde mais ils partent tous dans l'après-midi,
ça promet un îlot désert, ce soir... En fait une
famille wallisienne débarque aussi dans la soirée, mais
comme l'îlot est très long, on a chacun son bout de
paradis...
Journée baignade, sieste et pétanque, pêche, deux ou trois bières... Les
enfants vivent leur vie de leur côté, on ne les revoit que
le soir. Le coucher de soleil est superbe, on allume le feu pour
les côtes de boeuf et d'agneau, on sort le rhum et le champagne,
Lionel nous fait la surprise d'un caviar ramené de panam. C'est
le pied ! Quelques verres plus tard, on se retrouve dans l'eau sous les
étoiles exactement, bain de minuit dans une eau à
29°C... La température de l'air est à peu près
la même... Juste une petite brise de mer pour nous ventiler, la
nuit en hamac va être bonne.
Réveil
avec le soleil ou peu après, vers 6h, le temps de faire repartir
le feu pour le petit déjeuner. Glandouille et baignade
jusqu'à midi, barbecue pour faire réchauffer les restes
et on repart déjà vers Wallis, la marée baisse
et on doit arriver à temps pour passer le platier à
Haafuasia...
Chemin de croix...
Les
missions d'évangelisation successives de l'histoire wallisienne
ont annihilé au fil des temps tous les rites paiens
traditionnels et tous les rendez-vous du calendrier catholique sont
alors vécus ici avec une ferveur impressionnante et ils rythment
l'année... C'est le cas du chemin de croix qui est rejoué
dans toute l'île et dans chaque village, il dure plusieurs heures
et sur plusieurs kilomètres, en plein soleil, par plusieurs
Jésus de circonstance qui se rejoignent devant les
églises et la cathédrale. C'est Manu qui s'est
collé au reportage photo de l'évenement, mais elle a
abandonné bien avant la dernière station mais a tenu
quand même deux bonnes heures en plein cagnard. Dix pater et 3 ave pour
Paino qui rejoint le cortège en retard, il était encore trop
occupé à mener le blocage du lycée par les parents
d'élève !! Ici la Via Dolorossa chemine au bord du lagon
sous les cocotiers...
Salade de bénitier
Je
n'ai jamais préparé moi-même de salade de
bénitier et aujourd'hui, j'ai envie de salade de
bénitier, c'est comme ça... Il faut dire que j'ai du
temps pour faire des trucs inhabituels, le lycée est
bloqué suite aux dégats du cyclone et à l'action
des parents concernant l'entretien du lycée non effectué
depuis des années (vis des tôles rouillées,
huisseries qui tombent, circuit électrique défectueux...)
...
Donc,
il me manque toujours l'élément principal : un
bénitier. Je pars donc en bateau à 15 minutes de
l'île au trou de la tortue, un magnifique trou dans le
lagon, de 15 mètres de profondeur, entouré d'un
côté d'un platier de coraux et de l'autre d'un fond de
sable blanc qui plonge d'un seul coup à une quinzaine de
mètres, magnifique !!! Dans le platier, au milieu des papates,
je trouve après 20 minutes de palmes, masque, tuba, un beau
bénitier.
Retour
à la maison : ouverture du bénitier, découpage en
petits dés, du citron vert, des herbes fraîches
hâchées, du concombre et des tomates en dés, et le tour est joué !
Bon,
j'avoue, le bénitier est une espèce menacée, bien
qu"à Wallis, on en trouve encore pas mal, et certains wallisiens
en pêchent pour vivre et revendre aux restaurants.
Moi, c'est mon premier que je ramasse en 3 ans, je suis loin
derrière d'autres "pêcheurs" papalagis moins
scrupuleux qui pillent littéralement le lagon : bénitiers
par dizaines, casques, sept doigts... Des sacs entiers, presque chaque
semaine, de coquillages rares et de toutes les tailles !!! ...