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mercredi 26 mai au mardi 1 juin : Séjour à Futuna

mercredi 26 mai : Départ pour Futuna

Réveil à 4h45 par Louise qui trépigne à l'idée d'aller rejoindre ses copains à Futuna, un bon quart d'heure avant que le réveil ne sonne... On ferme les derniers bagages (8 kg par personne, c'est plutôt rapide...), un rapide petit déjeuner, on met les yaourts dans la glaciaire (c'est une des denrées rares à Futuna, des yaourts, des vrais pas des "à base d'alginates" mais des fermentés...), et je file réveiller le voisin. Eh, oui, pour ne pas déroger aux habitudes, c'est Paino, qui ce matin, fait le taxi pour nous emmener à l'aéroport de Hihifo. On avale rapidement un petit Nescafé sur la terrasse et c'est parti.

Séance enregistrement : on a tous droit à notre pesée matinale, car pour équilibrer le twin, le petit coucou bi-moteur à hélices de 17 places qui fait la navette entre les deux îles, il faut non seulement vérifier le poids des bagages, mais aussi, calculer celui des passagers et les placer.

On embarque à 7h30 avec une demi-heure de retard, et nous voilà parti pour 55 minutes de vol, la carlingue est minuscule, vue imprenable sur les pilotes et le cockpit. Un moteur s'allume, puis l'autre, ça y est, on décolle. La vue sur l'île puis sur la barrière est superbe. Le vol se déroule sans encombre, juste un surprenant virage serré d'arrivée avant l'aéroport de Vele qui me permet des photos sympas. Enfin, ça y est, depuis le temps qu'on en parlait, on y est, Manu a surmonté sa trouille (mais elle rumine déjà le voyage du retour...).

Franck et les enfants nous attendent de pieds fermes.


Premières impressions : Futuna n'a pas grand chose à voir avec sa grande soeur, le centre de l'île est composée de reliefs qui plongent dans la mer à certains endroits, ne laissant qu'une bande côtière, assez étroite parfois, pour la route circulaire et les habitations. La végétation, aussi, est impressionnante et même si Tomas, en a pas mal soufflé, couché, jauni, on circule entre d'un côté l'océan et le platier et de l'autre un mur vert assez épais qui s'accroche à la montagne. La mer, non plus, n'a rien à voir, il n'y a pas de barrière de corail à Futuna, les vagues du Pacifique s'écrasent directement sur le platier (et c'est ce qui a fait les plus gros dégats lors du cyclone du côté nord-est de l'île). L'organisation des villages enfin, est resté ici très traditionnelle : il subsiste encore beaucoup de falés (même si Tomas en a soufflé beaucoup),  les villages sont encore organisés en grande partie de manière coutumière, autour de la route côtière (l'ancien chemin principal), avec du côté océan les falés commun (falé fono, le lieu de réunion, le falé des jeunes, l'ancien falé de vie des célibataires, et le falé du tavasu, le lieu où les hommes préparent et boivent le kava tous les soirs, encore aujourd'hui...), de l'autre côté on trouve les habitations des familles, puis les élevages de cochons et un peu plus haut sur les plateaux, séparés du village par ce qui reste de l'ancien mur à cochon en pierre, on trouve encore les cultures locales sèches (igname) ou humides (tarodières) alimentées en eau par les rivières qui descendent des montagnes. 

Après quelques kilomètres de pick-up, pendant lesquelles ce qui nous marque, ce sont les dégats dûs au cyclone, on tourne sur la droite dans le village de Taoa et on grimpe un peu pour rejoindre le plateau où vivent Véro, Franck et les enfants : une grande maison au milieu du toafa, entouré d'arbres fruitiers, de tiarés, d'hisbicus, de cultures locales et de cocotiers. En lisant un livre sur l'histoire de Futuna, je découvre que nous sommes non loin des anciennes terres du plus terrible cannibal que l'île ait connue, Sau Fe Kai ("le chef qui mange").  Il réclamait aux villages du coin un adulte ou un enfant par jour, il les enfermaient dans un enclos, puis les faisait égorger près de la rivière proche, où on lavait les corps (la mer recevait chaque jour son lot de viscères ensanglantés) avant de les cuire au four traditionnel. C'est quand la population a commencé à décroître dangereusement aux alentours qu'un habitant d'un village voisin eut enfin la géniale idée de l'inviter à boire le kava et en profita pour le tuer et pour clore cette période sanglante de l'histoire de l'île.  Les nuits promettent d'être envahies de fantômes dans cet endroit apparement si paisible...

A peine arrivés, les enfants nous abandonnent pour alterner jeux et chamailleries entre filles et garçons, moi, je pars avec Franck, faire deux ou trois courses et visiter un peu ce côté de l'île, on rentre avec deux poulpes achetées achetés à un pêcheur. Puis, journée tranquille, retrouvailles, apéro, tarot...


jeudi 27 mai : Poi 

Manu et Véro restent la matinée avec les enfants et Franck et moi partons pour Poi, sur la côte est de l'île. On arrive en vue de l'île après un petit "col" et une vue magnifique sur ce côté de l'île directement sous le vent, le sable blanc des plages et les rouleaux bleus intenses du pacifique. Le programme du jour : construire une maison pour Felice et Monika, qui ont tout perdu pendant le cyclone, leur falé, leurs cochons, leurs effets personnels, tout... Mais, on est dans le Pacifique, ici, le rendez-vous a été donné mais ce n'est pas le bon jour, pour une raison ou une autre, le chantier est remis à plus tard, Futuna, Wallis, c'est ça aussi, mais c'est pas grâve, on a le temps... Du coup, on visite le village et la côte littéralement ravagés par les vagues pendant le cyclone Tomas, c'est vraiment un miracle qu'il n'y ait eu que des dégats matériels. On s'arrête dans la famille de Felice et Monika, là où ils sont hébergés en attendant. On file ensuite chez les soeurs et soeur Akenata nous livre ses sentiments sur l'après cyclone, les dons de nourriture et la passivité des habitants qui tardent à reconstruire... Intéressant... Les sacs de riz s'amoncellent désormais et les matériaux de construction aussi et elle se désespère car les hommes ne montent plus en montagne cultiver les champs et tardent à reconstruire... A méditer : "l'aide c'est bien, mais ça alimente aussi la paresse...", un poncif judéo-chrétien ou une vérité, va savoir, en tout cas, après un tremblement de terre et un cyclone en quelques années, on est peut-être en droit de se sentir un peu abattu.... 

Poi avant et après...

L'après-midi, Franck et moi emmenons les enfants remonter la rivière toute proche, d'abord dans une vallée au milieu des cocotiers et des champs de taro, puis peu à peu les berges se ressèrent et la végétation fait place aux rochers. On se baigne, on saute dans un trou d'eau surmonté d'une cascade, on remonte un peu plus haut dans les gorges encore encombrées de troncs d'arbres chariés par les eaux tumultueuses de la période cyclonique. 

Le soir, on doit aller au tavasu boire le kava à Poi, mais la rotule de direction du pick se détache et on doit remettre la sortie à plus tard, on rentre tant bien que mal, on tentera la réparation demain, si on trouve les bonnes clés...

vendredi 28 mai : ballade à pied et baignade

Franck est déjà au boulot à 6h30 quand je me lève, je l'aide à terminer, déserrer les boulons grippés par le climat et la rouille, remettre en place la pièce et revisser. A 8 heures, c'est terminé et du coup, notre projet initial de monter sur le mont Puke reprend vie. On descend chercher une fille du village qui doit nous servir de guide et on se lance à l'assaut de la montagne. Après quelques centaines de mètres, on se rend  compte qu'elle ne se rappelle plus du chemin. Du coup, Franck redescend avec elle et moi je file sur un sentier pour continuer la ballade en espérant monter le plus haut possible. 

Le sentier est encombré de branches et d'arbres couchés, je progresse difficilement jusqu'à ce que je tombe sur un minuscule layon qui descend à pic... Hésitation, je suis tout seul sur une île où les structures médicales et les secours sont restreints et personne ne va savoir où je descend, mais tant pis ça promet d'être superbe et en effet après une descente d'une demi-heure entre rochers et marche en terre glissante, je suis récompensé : une gorge étroite et encaissée, en aval une cascade en amont, une cascade et au milieu une oasis de fraicheur et de végétation, sur quelques dizaines de mètres, le torrent se calme forme des trous d'eau et les berges sont bordées d'une végétation luxuriante et de fougères arborescentes (ce n'était pas la peine d'aller en Nouvelle-Zélande pour en voir...).  Après une remontée un peu crevante, je redescend fourbu vers Taoa. 

L'après-midi, Franck m'emmène avec les enfants nous baigner au wharf pétrolier, plongeon depuis le quai jusque dans l'eau 4 ou 5 mètres plus bas, directement dans le pacifique, dix mètre de fonds, pas trop de courant, les enfants s'en donnent à coeur joie. Les filles vont faire les magasins et vont trouver un endroit pour une connexion internet chez Elisabeth et François. On les y rejoint, puis on file voir le retour de pêche de François : des beaux thazards, des bonites des petits thons, du coup, on en profite aussi et on se fera un sashimi ce soir avec l'apéro. 


samedi 29 mai : journée à Poi

On part tous, sauf Véro, qui va profiter du calme de la maison dans les enfants. Direction, Poi, on doit manger avec Felice et Monika à l'endroit où se dressait leur falé. On a du mal à se rendre compte du paradis qu'ils ont perdu, mais les photos d'avant nous y aident bien... Il ne leur reste qu'une toile blanche donnée par la Croix Rouge tendu sur un piquet comme habitation sur place. 

Manu et les enfants partent avec Franck visiter Poi, Eloi en profite pour mettre la main dans une cage de chauve-souris et se faire mordre...  (les futuniens les attrapent et les engraissent avec des papayes et des bananes en cage avant de les manger). Louise découvre enfin le "mausolée" de Saint Pierre Chanel, le martyr du pacifique dont le caté lui ressasse l'histoire depuis 3 ans... 

On a ramené de la viande à griller, des boissons, et Monika nous a préparé du poulpe au lait de coco et du riz (cuit à l'eau de mer mélangée à de l'eau de source), c'est divin ! On échange : la famille de Monika est ravie de manger  des côtes d'agneau et du camembert pour la première fois !! 


Ensuite, c'est baignade dans les trous d'eau du platier à marée basse. Puis, c'est le retour pour Taoa, un peu fracassé. Mais pour Franck et moi, la journée n'est pas terminée, on a promis à Felise de revenir le soir pour le tavasu, la réunion quotidienne des hommes autour du tanoa dans lequel on prépare le kava, la boisson traditionnelle à base de racine de poivrier  sauvage. 

On arrive en pleine nuit, les hommes du village sont installés en rond sous le grand falé central du village, sur des nattes en feuilles de cocotier. Le chef adresse les salutations du soir à tous, nous remercie d'être là, puis la distribution de la boisson démarre dans des calebasses en noix de coco. Derrière, on prépare déjà les racines pour la tournée suivante. Après deux coupes, les discussions démarrent, un ancien conseiller territorial vient s'asseoir entre nous pour discuter en français et nous traduire. Après quatre coupe, les effets diurétiques de la racine se font sentir, chacun se lève tour à tour pour aller se soulager la vessie dans la pénombre à quelques mètres du falé. Pendant le tavasu, on crache aussi beaucoup, juste devant la où, on est assis. Les coupes se succèdent, je fume un cigare de tabac local roulé dans une feuille sèche de bananier. Enfin, deux heures plus tard, le chef et les vieux se lèvent, les jeunes continuent, on en profite pour partir aussi un peu anesthésié par le breuvage, le ventre plein de liquide, c'est sûr, on va pisser toute la nuit...

dimanche 30 mai : Alofi

On part ce matin pour Alofi, Manu a mal au dos et redoutant la traversée du pacifique sur 1km800 (ici, il n'y a pas de lagon, c'est tout de suite l'océan...), je ne pars qu'avec Franck, Eloi et Raphaël. En fait la traversée est calme et le temps superbe. Alofi est une île inhabitée, utilisée par les Futuniens pour cultiver et aussi comme lieu de villégiature. La superbe et longue plage de sable blanc qui fait face à Futuna est bordée de cocotiers et de falé où pique-niquer ou même dormir. Le Club Med aurait été tenté par l'expérience, sans succès auprès des chefs coutumiers, il y a quelques années... Un seul bémol à cette superbe journée, le cyclone a amoncelé des débris à l'intérieur de l'île et les moustiques qui y ont trouvé de tranquilles nids, pullulent...

En rentrant le soir à la maison, le voisin de Franck, Petelo, nous invite à boire kava chez lui. Après 3 ou 4 coupes du breuvage, que je trouve super fort ce soir, on rentre à la maison, un peu "kona", c'est le terme qu'a utilisé aussi le vieux qui buvait avec nous en se levant, cela veut dire saoul en futunien. Mais comme dit Petelo, "le kava papalagi (l'alcool), c'est pas bon, les gens se battent, le kava de futuna, c'est bon". Et c'est vrai, il a raison, Telo, le kava, ça rend plutôt très zen... Pas pour rien que c'était utilisé historiquement pendant les réunions conflictuelles.

lundi 31 mai : Mont Puke et anniversaire de Meryl

Aujourd'hui, la journée commence tôt pour moi, Poli, le fils du propriétaire de la maison que louent Franck et Véro, a proposé de m'accompagner en haut du Mont Puke. Il en profite aussi pour faire faire la montée à ses enfants et ses neveux et nièces. Nous partons à 6h45 sur les pentes de la montagne, on a 5 petits cols à gravir, descendre dans la gorge de la rivière Tamolé, avant d'atteindre le Mont Puke à 514 mètres d'altitude (pour les habitués des randonnées alpestres qui trouveraient cela modeste, je rappelle les 30° ambiant et le taux d'humidité dépassant les 90%...). La ballade est superbe, la végétation luxuriante, des fougères arborescentes (pala pala), des fougères (sakato), des orchidées (kalae), des queues de renard bleues (tae poaka (en français : caca de cochon, va savoir pourquoi...)), des pins, des manguiers, ... Les oiseaux chantent du fond des gorges, les chauves-souris (peka) s'envolent des arbres, on traverse des sources, des rivières et des traces dans la boue nous indique la présence de cochons sauvages (poaka vao).

Après 2h30 de montée, descente, montée, descente, on arrive en vue du Mont-Puke surmonté d'une croix en ciment blanchies à la peinture. Poli et sa famille, prient et chantent quelques minutes, puis on grignote un sandwich de saucisses et paté en boîte avant de redescendre par le même chemin. Poli n'a plus beaucoup d'eau, mais il s'arrêter remplir ses bouteilles dans la Tamole. A midi moins le quart on est de retour chez Franck et Véro. Superbe rando ! Fanene et Savo, 8 et 9 ans, ont assuré sans broncher leur baptême du Puke !


Pendant ce temps, Manu est allé au gie artisanal d'Alo, pour y acheter des tapas (en fait des motifs peints avec de la peinture végétale sur des feuilles à base d'écorce de mûrier tapé pour former une sorte de papier ou de tissus épais, à l'origine, dans la bande tropicale pacifique mais aussi mondiale, c'était une étoffe utilisée pour se vêtir).

Il n'y a pas de temps à perdre, les copines et copains de Meryl arrivent dans deux heures. On fête aujourd'hui son anniversaire. Franck, Manu et Véro ont préparé la chasse au trésor qui nous conduira jusqu'à la cascade. Jeux, baignades, goûter et distribution des cadeaux passée, Franck et moi raccompagnons tout ce petit monde en pick-up. On en profite pour passer chercher nos commandes d'avant départ : une natte, des poulpes, des langoustes. 

mardi 1 juin : Départ

Le séjour se termine, on boucle les valises et les glaciaires et toute la famille Picard nous accompagne à l'aéroport de Vele. On attend l'arrivée du Twin sous les ventilateurs tordus par la force de Tomas, Eloi pleurs comme d'habitude quand il quitte son copain Raphaël et Manu a la trouille, comme d'habitude quand elle prend l'avion... Elle ne va pas être déçue... On décolle sous un temps superbe mais le pilote nous annonce une arrivée mouvementée. Pendant le vol, une alarme sonne trois fois, ce qui fait sortir la check liste aux pilotes, en fait, le problème pour Manu c'est qu'elle les voit, le cockpit est ouvert sur la cabine... Du coup, elle stressera jusqu'à l'arrivée de cette deux 2cv des airs un des avions les plus sûr de la planète et surtout utilisé pour atterir dans les coins les plus reculés... Ouf ! On aperçoit notre barrière de corail, c'est presque gagné... A l'arrivée, comme promis, on est secoué, vent de face et de travers, on voit la piste, on ne la voit plus, on voit la piste, on ne la voit plus, on se balance de gauche à droite, puis par miracle, on se pose sans encombre, c'est un atterrissage tout à fait normal pour ce genre de coucou... par pour Manu... Et c'est encore Super Voisin qui nous attend et nous  ramène à la maison. 

Voilà, pour le résumé de notre super séjour futunien, cela aurait été dommage de s'en passer... J'ai fait abstraction des apéros et des soirées tarots qui n'ont guère réussie à Franck, sans le moindre jeu dans les mains en tant d'heures... 

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14 avril : Le Southern Pacifica

C'est le cargo qui approvisionne Wallis et Futuna chaque mois en produits de toutes sortes. C'est lui qui amène le truc dont on avait besoin, le pot de peinture de la bonne couleur, la bougie du bateau, le pot de yaourt grec, ..., et qui était en rupture de stock depuis 15 jours... justement parce qu'on en avait besoin à ce moment là... Il est en retard ce mois-ci, il s'est vu refuser le quai pendant la semaine pascale simplement parce que c'était la semaine sainte... et n'a donc pas attendu mais est reparti pour les autres escales, faisant attendre Futuna encore un peu plus l'approvisionnement tant attendu... 

No comment...


Jeudi 8 avril : Reprise de la plongée

Un  gros coup de mou, des picotements dans les mains, trois heures d'oxygène par prudence, il y a un mois, le retour de plongée fût un peu stressant... En fait, ce fût certainement plus une grosse fatigue qu'un add (accident de décompression), selon Jean Marc, le spécialiste local es-médecine et plongée... Du coup, j'ai mis du temps à retrouver l'envie de redescendre, mais aujourd'hui, je suis motivé, je reprend sous un beau soleil, mer lègèrement houleuse, pas de courant et avec Karl et Cathy comme partenaires. Au final, pas de grosses "prises", côté faune, juste quelques couples de nemos, mais un superbe fond de coraux et de coraux mous dans ce coin de barrière qu'on appelle le "jardin des dauphins"...


Week end pascal...

Samedi soir, on fête Pâques avec Taani, Stéphane et Cathy et Karl. J'emmène Eloi et Louise voir le feu de la veillée pascale devant la cathédrale et je laisse Louise avec Taani et Stéphane pour la messe qui va durer... 2h30 !!!  Ensuite au programme chasse aux oeufs en nocturne et un bon petit repas : foie gras (obtenu avec les points fiidélité de la SEM qu'on aime... et vu le fric qu'on y laisse chaque mois, ils nous doivent bien ça...), gigot de 7 heures et petites "conserves" de légumes maison, glaces...


Dimanche soir, on décide de passer la nuit sur la barrière avec Isabelle, Lionel et leurs enfants Gabrielle et Raphaël.  Je pars seul  en bateau tôt le vers 7h du matin pour Nukuione, jauger un peu l'affluence sur les îlot du centre... ça va être un week-end très chargé, il fait beau et après l'épisode Tomas, tout le monde a envie de prendre l'air sur le lagon... Retour vers 7h45, c'est bondé, pas un fale de libre, on ira donc à l'îlot de la passe plus loin au sud en croisant les doigts...

Chargement du bateau : nourrices d'essence, hamacs, palmes, masques, tubas, un jerrican d'eau douce, une glaciaire de bouffe, une de boissons, un sac d'épicerie, de quoi pêcher, des affaires de rechange pour la nuit, des lampes et un bouquin chacun, une grille et un sac de calebasses de coco pour le barbec et enfin un petit sac de premiers secours, produit solaire, anti-moustique et la VHF, ça peut toujours servir en cas d'accident ou d'alerte tsunami, ah ! si ! on a oublié aussi la casserole pour faire chauffer l'eau du café... A 9 heures, on prend la mer, 3/4 d'heure plus tard (on est chargé à bloc et on a plus l'allure d'un boat-people que la vitesse d'un hors-bord), on débarque sous un ciel tout bleu et un sacré cagnard à l'îlot de la passe. Il y a du monde mais ils partent tous dans l'après-midi, ça promet un îlot désert, ce soir... En fait une famille wallisienne débarque aussi dans la soirée, mais comme l'îlot est très long, on a chacun son bout de paradis...

Journée baignade, sieste et pétanque, pêche, deux ou trois bières... Les enfants vivent leur vie de leur côté, on ne les revoit que le soir. Le coucher  de soleil est superbe, on allume le feu pour les côtes de boeuf et d'agneau, on sort le rhum et le champagne, Lionel nous fait la surprise d'un caviar ramené de panam. C'est le pied ! Quelques verres plus tard, on se retrouve dans l'eau sous les étoiles exactement, bain de minuit dans une eau à 29°C... La température de l'air est à peu près la même... Juste une petite brise de mer pour nous ventiler, la nuit en hamac va être bonne.

Réveil avec le soleil ou peu après, vers 6h, le temps de faire repartir le feu pour le petit déjeuner. Glandouille et baignade jusqu'à midi, barbecue pour faire réchauffer les restes et on repart déjà vers Wallis, la marée baisse et on doit arriver à temps pour passer le platier à Haafuasia...


Chemin de croix...

Les missions d'évangelisation successives de l'histoire wallisienne ont annihilé au fil des temps tous les rites paiens traditionnels et tous les rendez-vous du calendrier catholique sont alors vécus ici avec une ferveur impressionnante et ils rythment l'année... C'est le cas du chemin de croix qui est rejoué dans toute l'île et dans chaque village, il dure plusieurs heures et sur plusieurs kilomètres, en plein soleil, par plusieurs Jésus de circonstance qui se rejoignent devant les églises et la cathédrale. C'est Manu qui s'est collé au reportage photo de l'évenement, mais elle a abandonné bien avant la dernière station mais a tenu quand même deux bonnes heures en plein cagnard. Dix pater et 3 ave pour Paino qui rejoint le cortège en retard, il était encore trop occupé à mener le blocage du lycée par les parents d'élève !! Ici la Via Dolorossa chemine au bord du lagon sous les cocotiers...


Salade de bénitier

Je n'ai jamais préparé moi-même de salade de bénitier et aujourd'hui, j'ai envie de salade de bénitier, c'est comme ça... Il faut dire que j'ai du temps pour faire des trucs inhabituels, le lycée est bloqué suite aux dégats du cyclone et à l'action des parents concernant l'entretien du lycée non effectué depuis des années (vis des tôles rouillées, huisseries qui tombent, circuit électrique défectueux...) ... 

Donc, il me manque toujours l'élément principal : un bénitier. Je pars donc en bateau à 15 minutes de l'île au trou de la tortue, un  magnifique trou dans le lagon, de 15 mètres de profondeur, entouré d'un côté d'un platier de coraux et de l'autre d'un fond de sable blanc qui plonge d'un seul coup à une quinzaine de mètres, magnifique !!! Dans le platier, au milieu des papates, je trouve après 20 minutes de palmes, masque, tuba, un beau bénitier. 

Retour à la maison : ouverture du bénitier, découpage en petits dés, du citron vert, des herbes fraîches hâchées, du concombre et des tomates en dés, et le tour est joué !

Bon, j'avoue, le bénitier est une espèce menacée, bien qu"à Wallis, on en trouve encore pas mal, et certains wallisiens en pêchent pour vivre et revendre aux restaurants. Moi, c'est mon premier que je ramasse en 3 ans, je suis loin  derrière d'autres "pêcheurs" papalagis moins scrupuleux qui pillent littéralement le lagon : bénitiers par dizaines, casques, sept doigts... Des sacs entiers, presque chaque semaine, de coquillages rares et de toutes les tailles !!! ...