Chasse aux lupes et aux pekas
Cet
après-mdi, on part avec Paino et Telo en pick-up dans le toafa
à la chasse aux lupes ("loupé"), les pigeons sauvages
locaux et aux pekas, les grandes chauves souris qui nichent en haut des
arbres. Départ en plein cagnard à 14h, retour fourbus et
transpirants en fin d'après-midi. On a marché longtemps
dans le toafa (un mélange de jungle et de savane
wallisienne...), on revient sans un peka (ce n'était pas la
bonne heure pour ça, elles sortent surtout au coucher du
soleil), mais on ramène 4 pigeons qu'on fera au umu plus tard.
Samedi 20 mars : Départ d'Audrey et Eric
Audrey
et Eric quittent Wallis pour Nouméa dans une semaine et pour
leur départ, ils organisent une petite fiesta nocturne à
Nukuione. Départ des navettes à 16h depuis Vakala,
l'association de voile à Liku, nous, on quitte Haafuasia
directement avec notre bateau. On se retrouve une vingtaine, grands et
petits, autour d'un gros barbecue de mouton coupé à la
machette par Hala et surtout d'un bar improvisé par une palette
cloué sur un arbre... Succès garanti... Un ti'punch, deux
ti'punch, trois ti'punch... Discussions profondes et animées...
On fait une navette retour avec Eric vers 22h avant la marée
basse, pour ramener les non adeptes de la nuit au bord de
l'océan, 30 minutes aller et retour, et le "bar" est
toujours bondé. Manu part se baigner avec Jeanne et Sapeta. Les
enfants dorment déjà depuis longtemps. Chacun part se
coucher en hamac, sur une natte ou simplement posé
improbablement sur le béton de la croix... Le petit vent sous le
fale est le bienvenu... Le lendemain, c'est journée
baignade, fabrication de cabanes pour les enfants, siestouille et
virée en catamaran au trou de la tortue avec les enfants. On
termine se week-end sympa, dimanche à la tombée de la
nuit, on ne pouvait pas rentrer avant à cause de la marée
et c'était plutôt bien d'en profiter jusqu'au bout. Il
fait nuit quand je remonte du bateau après l'avoir amarré
et vidé, les enfants sont déjà remontés
avec Manu, douchés et devant leur bol de soupe chinoise.








Baignade de nuit
Retour
de l'école à 16h30, une heure avant le coucher du
soleil, le temps de faire les devoirs et on va attendre le repas dans
la piscine sous les étoiles.
Salade de papayes vertes
Un
repas préféré des enfants : la salade de papayes
vertes (papayes vertes, cacahuète, pâte de crevettes,
sauce de poisson, tomates, piment, citron vert), ça a l'odeur
"un peu forte" de la sauce de poisson mais quand on mange à la
main, tout est bon... C'est Ronald qui avait compris ça, il y a
bien longtemps...

Samedi 13 mars : Tomas est là...
Cela
soufflait très fort depuis hier après-midi, les cocos et
les palmes volent du haut des cocotiers. On a tenté hier
après-midi de mettre le bateau à l'abri avec Paino, sans
succès, trop de vent, trop de houle, on risque de le perdre sur
les rochers, il vaut mieux le laisser au mouillage et rajouter des
bouts de renfort...
La
nuit a été agitée, quelques petites coupures de
courant, mais les gars d'EEWF sont sur le pont, ils travaillent jour et
nuit en haut des poteaux sous les rafales. On dort peu, le bruit du
vent nous réveille. Cathy récupère Lucie, dans la
matinée pendant qu'on peut encore rouler : on est passé
en niveau d'alerte cyclonique 1, Futuna en niveau 2, l'oeil va les
froler, ils vont déguster... Du coup, on prépare les
lampes torches, on a stocké des bouteilles d'eau et des
boîtes, et on va tranquillement rester à la maison, les
volets fermés à faire des jeux ou à lire à
la lumière des bougies. Juste une petite ballade samedi soir
avec les enfants dans le 4X4 de Paino pour faire un tour en bord de mer
: tout ce qu'il ne faut pas faire en cas d'alerte niveau 1... Samedi
après-midi et dimanche dans la nuit surtout, le vent se
renforce.
Dimanche
matin, vers 5 heures, je pars sous les rafales à pied en
évitant branches et cocos voir l'état du bateau en bas de
la maison. Il est toujours là, secoué mais entier, celui
d'Atonio, le voisin, a eu moins de chance, un gros cailloux a
été transporté par les vagues sous la coque, et je
le vois couler en direct avec le moteur... Je reviens et on part avec
Paino faire un tour à pied voir les dégats du village,
rien aux maisons, mais de nombreux arbres couchés,
essentiellement des arbres à pain (dont un dans notre jardin) et
des branches partout en travers des routes. Le nord de l'île,
directement face au vent, a plus souffert, 5 maisons ont vu leurs toits
soufflés. Bon, en résumé, à part le
nettoyage des jardins, on s'en sort plutôt bien, on apprendra
avec le retour des liaisons téléphoniques, que
l'île soeur de Futuna a souffert, beaucoup souffert : de
nombreuses maisons sont détruites en bord de mer envahies,
soulevées par des vagues de 8 mètres, les cultures sont
détruites à presque 100%, beaucoup de toits ont
été soufflés, un des deux collèges est
détruit, seul la réaction préventive des
autorités et l'habitude des habitants aux catastrophes
naturelles (cyclone et tremblement de terre (destructeur en 1986)) a
permis de n'avoir aucun décès, mais juste quelques
blessés...





Eloi reçoit Lulu
Ce
soir, Eloi reçoit sa grande copine Lucie, coquillette/jambon et
on installe les deux matelas côte à côte par terre,
le vent commence à souffler fort, très fort et les deux
petits ne sont pas rassurés ni décidés à
dormir l'un au dessus de l'autre dans le lit jumeaux. Tomas approche...
Le 1er mars : le père Noël arrive enfin
Le
père Noël est passé chez Mamie Jeanne et Papy Daniel
et ils lui ont donné notre adresse
wallisienne, du coup, le temps de venir jusqu'à nous, il est
arrivé ce matin à la poste de Mata-Utu. Deux mois pour
acheminer du courrier, Wallis, c'est ça aussi...
Le pain
Les
baguettes sont croustillantes deux secondes à Wallis, du coup,
on a pris l'habitude de fabriquer notre propre pain complet (voir la
recette dans carnet de recettes).
Fête au village le 27 février
Tout
d'abord un petit peu d'explication sur l'organisation coutumière
du village : Chaque village est dirigé par un chef, le pulekolo,
et dans chaque village, il porte un nom de lignée
différent. A Haafuasia, il se nomme Hoko. Il existe aussi une
femme responsable du village. Chaque village est
divisé en quartiers, les kalasi, et à Haafuasia, on en
dénombre 3. Ces kalasi ne sont pas forcément des
divisions géographiques, on y trouve aussi des regroupements
amicaux ou familiaux, ainsi, on peut faire partie d'un kalasi et son
voisin d'un autre... Chacun de ces quartiers choisit un responsable
masculin, le lagiaki tagata et une responsable féminine, la
lagiaki fafine. Les décisions, les requêtes sont d'abord
évoquées en conseil de quartier avant d'être soumises
au conseil dominical du village dirigé par Hoko, et qui se
déroule au fale fono (la salle "communale") . Voilà,
ça, c'est fait !
Alors, il se trouve qu'un des kalasi a décidé d'aménager
les abords de l'embarcadère pour pouvoir accueillir les jeunes
du village en colonie ou pour la journée. C'est le kalasi dont
le lagiaki est Kalolo. Ils se sont réunis et ont
décidé de lever des fonds (pas d'impôts locaux ni
fonciers ici, alors il faut des idées...) en organisant un repas
dansant traditionnel au fale fono. Chaque habitant du quartier est
sollicité pour acheter des tickets repas et pour en vendre
autour de lui.
Kalolo
est passé nous vendre 4 entrées (et Site, notre femme de
ménage enrage, elle en a encore à vendre et s'est fait
couper l'herbe sous le pied...). Et nous nous retrouvons samedi 27
février au soir à la table d'honneur à
côté de celle des chefs coutumiers, avec Ghislaine et
Jésus, Paino et Nicola et les enfants. Nous avons droit au
service à table et aux danses traditionnelles face à
nous, les autres convives sont derrière et se servent au buffet.
Si, on remet ça dans un contexte tourangeau, à
Marçay par exemple, j'ai du mal à imaginer une famille
du village d'origine africaine, maghrebine,
kanak ou poldo-moldave, placée aux places d'honneur pour le
banquet de l'année avec
tous les égards dûs à l'invité, celui qui
vient d'ailleurs...
En tout cas, bonne soirée et retour à la maison à pied sous les étoiles.
Pas de photos de la soirée, on a oublié l'appareil,
juste quelques clichés de la préparation du umu
géant. J'ai passé mon après-midi chez Kalolo
à griller, éplucher, déterrer, préparer les
paniers, tuer et cuire les cochons, préparer les fai kai, les
lu... avec les hommes du village. Les femmes, elles, préparent
dans leur coin toutes les salades (poissons, légumes, poulpes,
coquillages...) et préparent la table




