Otago peninsula
Dimanche 31 janvier
Albatros...

Nous
prenons la voiture pour deux ou trois heures seulement, la route est
courte jusqu'à Dunedin avec seulement quelques arrêts
sur la route : Tunnel Hill, un vieux tunnel ferroviaire creusé
à la main, désafecté, du 19e siècle, dans
lequel les enfants se font des frayeurs dans le noir ; puis Kakapoint
et Nuggets point, Kakapoint est
une petite ville tranquille de bord de mer à quelques
kilomètres de Nuggets Point, un point de vue fabuleux depuis un
phare sur le pacifique, la côte et sa faune marine,
François et Eloi osent malgré la température, un
plongeon dans les vagues glaciales du pacifique sud...
Ce
soir, nous avons eu beau faire le tour par téléphone et
par mail des BBH de la péninsule de l'Otaga, notre prochaine
étape, tout est complet, c'est une première depuis notre
arrivée en NZ. Nous nous fions aux guides touristiques et
réservons deux chambres dont une avec cuisine au Portobelo
Tourist Holiday Park, un camping-caravaning-motel, on se retrouve dans
deux cages à lapin, type studette d'étudiant pour plus
cher que tous les petits paradis fréquentés depuis le
début du séjour... On a payé pour deux nuits et on
est bien décidé à ne pas s'éterniser, Oona
se débrouille très bien pour s'inventer un rendez vous
impromptu et important à Christchurch avec une tête de
quelqu'un à qui on ne peut pas refuser... et donc une obligation
de partir le lendemain... on se fait rembourser et on trouve un BBH
apparemment sympa quelques dizaines de kilomètres plus loin non
loin de Moeraki. On est venu ici pour voir des albatros et on peut
enfin partir vers 18h au bout de la péninsule vers le centre
d'observation et de protection de ces monstres volants des
océans. On les voit tournoyer au dessus de nos
têtes, trois mètres d'envergure et une dizaine de
kilogrammes, c'est impressionnant, on s'arrête une demi-heure
dans une pièce pour observer les nids sans déranger les
oiseaux. C'est magique ! Notre guide en partant nous donne un
filon pour la soirée : à deux pas d'ici, se trouve une
plage où nichent les pinguoins bleues (pas plus gros que des
ours en peluche). Ils rentrent à la nuit tombante de la mer et
donc de la pêche pour nourrir leurs petits. Avec un peu de
patience, on peut les voir remonter la plage...
Nous
retournons vite grignoter dans notre cage à moineaux et on
s'équipe de coupes-vent, écharpes, bonnets, ..., les
nuits sont fraîches en bord de mer. Nous filons sur la petite
plage où quelques personnes sont déjà là...
Même si le rdv est informel, deux volontaires du DOC, la
protection de l'environnement, habitants de la péninsule, sont
quand même présents vêtus de gilets fluos. Ils nous
réunissent et nous expliquent comment se comporter pour ne pas
gêner et effrayer les pinguoins, qui viennent nourrir leurs
petits et qui pourraient retourner à l'eau sans l'avoir fait...
Silence, patience, pas de mouvements, et pas de gros groupes humains,
et par dessus tout pas de lumière blanche... Ils sont
équipés tous les deux de lampes à lumière
rouge et promettent de nous montrer les pingouins.


Nous
n'attendons pas longtemps, une demi-heure plus tard, il fait presque
nuit, les premiers spécimens arrivent en nageant (incroyablement
vite) jusqu'à la plage, puis sortent et filent tous droit de
leur démarche spécifique claudiquant d'une patte sur
l'autre... Une touriste allemande n'a cure des recommandations et
à côtés de moi, utilisent son flash... Une fois,
deux fois, ... je lui fais la remarque en anglais... On bouge un peu
car les pingouins vont déboucher de la plage sur l'esplanade
où nous nous trouvons et vont passer au milieu ou tout
près de nous... La touriste allemande vient se planter devant
l'endroit où j'ai installé les enfants, je retrouve d'un
seul coup mes années d'allemand pour la virer... Les premiers
pingouins déambulent devant nous, et les petits les ont senti,
ils crient, presque comme des nouveaux nés, c'est dingue !! La
connasse continuent un peu plus loin à utiliser sa
lumière blanche, et ce qui devait arriver arrive, les deux
premiers pingouins, désorientés ou effrayés, font
demi-tour, elle se fait sévèrement réprimander par
les volontaires et finit par abandonner la partie...
Il
fait désormais nuit noire, la lune n'est pas encore
levée, nous voyons déambuler des dizaines de petits
pingouins minuscules, les petits crient dans les nids, d'un seul coup,
deux décident de changer brutalement de route et se dirigent
droit vers nous, ils passent entre Louise et Eloi à quelques
centimètres des jambes de Louise, c'est magique, nous ne
bougeons pas d'un pouce, et les suivons seulement de la tête. On
reste encore quelques minutes, puis les volontaires nous annoncent que
le gros de la troupe est passée. Nous remontons vers la voiture
en rattrapant les derniers spécimens qui arrivent aux nids. Nous
avons eu un peu froid malgré toutes les couches de
vêtements, mais le spectacle valait la peine, pour les enfants,
c'est magique !